Festival 2017 – Orphée et les Bacchantes

La quête du poète Orphée à travers un monde de femmes

Distribution : Deáky Szandra (Vénus, Réglis), Delphine Thelliez (Eurydice, Urcydie), Amélie Lugez (Hippolyte), Marie Beaumont (Sapphô) et Jean-Baptiste Sieuw (Orphée)

Orphée, le chantre de Thrace, le poète le plus connu de toute la Grèce, a juré de n’épouser ni d’approcher aucune femme tant qu’il n’aurait pas rencontré celle qui serait son idéal.

Arrivé à presque trente ans, et toujours contant ses poèmes à la Nature, il devient la cible des Bacchantes, ces terribles guerrières festoyeuses, qui n’attendent que d’être la première à le posséder ? Sapphô, la poétesse narratrice de cette histoire, pour aider son ami Orphée, fait descendre du ciel la déesse Vénus qui leur fait cette prophétie :  » Tu rencontreras une femme qui te fera voir l’amour tel qu’il t’est à présent odieux. Cette idole de chair, un jour, te demanderas de choisir entre la lumière et l’ombre. En choisissant la lumière, tu deviendras mon égal, en choisissant l’ombre, tu prendras le chemin de l’humanité et de la mort. « ? 

A Savoir :
Cette création, contenant plusieurs passages en vers, qui associe l’idéal à une extrême violence, physique et psychologique, contient aussi de la nudité ; pour ces raisons les spectateurs de moins de 16 ans ne sont pas admis dans la salle.

LE TITRE

Au départ, la pièce s’appelait simplement Orphée. Mais dans cette pièce l’histoire d’Orphée est presque aussi importante que celle des Bacchantes, ces femmes terribles qui vouent un culte à Dionysos, le dieu du vin et de la fête. Les Bacchantes ou Ménades sont des femmes qui acceptent en elles autant de violence, d’animalité que les hommes, des rôles qu’on ne trouve presque jamais sur les scènes de théâtre et pour cause, la pression sociale est plus forte que chez les hommes. La pièce à travers les yeux d’Orphée et de Sapphô, son amie peut-être imaginaire (Sapphô conte l’histoire et ne s’entretient qu’avec Orphée) raconte l’idéal féminin, il était logique de présenter les pulsions noires et violentes qui existent aussi chez les femmes.

En savoir plus...

L’habit grec, la poésie, la nudité, la violence, la danse, ces cinq mots en disent beaucoup sur ce spectacle. Nous sommes ici bien loin de Cocteau, ou d’une pièce philosophique, nous recherchons l’esthétique pure, la représentation de l’amour, de la douleur, de la beauté, de l’horreur telle qu’avait pu le faire Baudelaire dans les Fleurs du Mal. Oui ça saigne, il y a des corps, mais aussi de l’idéal, de la mélancolie et des vers.

Pourquoi la nudité sur scène ? Dans une société saine, la nudité ne devrait pas avoir à se justifier. Nous sommes nés comme ça. Le choix de la mettre en scène dans certains passages vient d’une phrase de Baudelaire qui figure en tête de la pièce. « J’aime le souvenir de ces époques nues dont Phoebus se plaisait à dorer les statues alors l’homme et la femme en leur agilité jouissaient sans mensonge et sans anxiété et le ciel amoureux leur caressait l’échine, exerçait la santé de leur noble machine. » Aimer le corps pour ce qu’il est.

La pièce contient de la violence, un viol et un meurtre « graphique », qui sont des scènes extrêmement choquantes, pour qui n’en voit jamais au théâtre. Le débat sur la violence est ancien. La montrer ou ne pas la montrer ? Cacher les horreurs ne les atténuera pas, ou alors si cela les atténue, alors pourquoi un spectacle qui est étymologiquement ce qui est fait pour être regardé » le cacherait ? Ce qui est inquiétant, c’est que notre société tolère d’avantage la violence que la nudité dans les œuvres en général.

Par Nuccia Mango, compositrice pour « Orphée et les Bacchantes »

Selon les indications d’Imago, la pièce ne comportait aucun silence. Musique, design sonore et bruitages devaient soutenir et illustrer conjointement ou séparément, les personnages et les dialogues, les lieux, l’intensité émotionnelle et dramatique.

Lors du prologue, j’ai privilégié un travail de design sonore. L’architecture sonore est construite à partir de sons de synthèse, dont la manipulation des filtres permit d’obtenir des textures et des densités différentes : souffle, gouttes d’eau, écho, gestion de l’espace et de la profondeur.

Le fil conducteur, élément sonore important, est représenté par la Nature, qui, comme un personnage, évoluera au fil de l’action. Les bruits qui en découlent (forêt, animaux, pluie et orage, eau, vent), sont réels. Plusieurs ont été enregistrés lors de mes balades en forêts et à la mer, d’autres ont été récupérés sur une banque de sons (le cerf et les sangliers). C’est notamment cette présence constante de la nature souhaitée par Imago, qui fait qu’il n’y a jamais de silence dans la pièce.

Un instrument est prépondérant sur toute la pièce : le piano. Il est utilisé dans tous les registres et sert au figuralisme, faisant écho à divers éléments sonores : la pluie, le scintillement de la lumière. C’est le seul instrument acoustique utilisé et je souhaitais lui donner un rôle de témoin, semblable à celui de la Nature. 

La compagnie Les Framboisiers fut créée en 2010 par des élèves de Khâgne au lycée Balzac à Paris sous l’impulsion de Jean-Baptiste Sieuw et Angeline Tomi pour créer « Roméo et Juliette » à Vernon (27). Dès le départ, nous nous sommes inscrits dans un univers inspiré par les romantiques et leurs continuateurs modernes. Nous défendons le droit de s’aimer librement, de choisir son style de vie comme de vêtement, et de mener une quête immodérée de la beauté. Depuis, nous avons mené quatorze projets en cinq ans et joué plus de 500 représentations.

Le premier mouvement de la compagnie fut autour d’Oscar Wilde, nous avons consacré une trilogie à cet auteur, aujourd’hui disponible en DVD (théâtre filmé et monté par Giovisions) : L’importance d’être constant (2011), Le Portrait de Dorian Gray (2012) et Salomé (2012). Ces spectacles, tous créés au Laurette Théâtre, ont été les plus joués de notre répertoire et ont tous fait au moins une fois le Festival d’Avignon OFF, également au Laurette Théâtre. Celui qui se joue le plus encore aujourd’hui est celui qui eut le plus de succès : Le Portrait de Dorian Gray. En 2012, nous avons réalisé notre première création d’un texte original, Les Amours de Fanchette (2012), une comédie de la main du metteur en scène de la compagnie, Imago des Framboisiers, crée au Centre LGBT de Paris, puis jouée au Théâtre le Proscenium, qui abordait la question de la bisexualité et du polyamour, le tout dans un cadre XVIIIème siècle.

À partir de 2014, nous nous sommes rapprochés des pratiquant(e)s du style lolita et avons créé la pièce « Gothic Lolitas Frenchy ! » (2014), écrite par Delphine Thelliez et Imago des Framboisiers, que nous adaptons actuellement en websérie, avec l’aide précieuse de Giovisions, fondé par le cadreur-monteur Miguel de La Rosa, qui s’occupe de toute la partie audiovisuelle. Nous aidons aussi un autre metteur en scène à lancer son projet en produisant « Eflam, rencontre avec un chevalier errant » (2014) au Laurette Théâtre. En 2015 nous nous attaquons à deux créations de textes contemporains, le premier est « Personnes sans Personne » (2015) de Julien Rey, ami personnel d’Imago des Framboisiers décédé tragiquement l’année qui avait suivi l’obtention du Prix Tournesol au Festival d’Avignon pour sa pièce « Personnes sans Personne » qu’il avait mise en scène. En son honneur, nous avons repris la pièce et avons décidé de la faire vivre, avec le soutien de la famille Rey. Notre seconde création, appuyée par nos résidences à Saint-Saviol (Vienne) de 2015 et 2016 est la nouvelle pièce d’Imago des Framboisiers, « Orphée et les Bacchantes », une pièce poétique inspiré du mythe grec d’Orphée.

Chaque année nous sommes présents au festival d’Avignon OFF depuis 2013, cette fois-ci nous serons « Au Chapeau Rouge Théâtre» avec « Orphée et les Bacchantes » qui y fera sa première année de festival.

https://www.facebook.com/lesframboisiers/

https://www.lesframboisiers.com/la-compagnie


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